dimanche 15 mai 2011

Entrevue des droitistes et anti-syndicalisme

Voulez-vous savoir à quoi ressemble une entrevue biaisée? Allez écouter celle-ci :

http://vtele.ca/videos/dumont/prix-de-l-essence-les-petrolieres-convoquees-l-adq-et-les-syndicats_29654_29655.php

Mario Dumont interview Gérard Deltell à l’émission « Dumont » sur le canal V, anciennement connue sous le nom de TQS.

Gérard Deltell est le chef de l’ADQ, l’action démocratique du Québec, un parti politique provincial de droite, troisième en importance. Il est le chef de parti depuis que son ancien chef a démissionné….et qui était l’ancien chef, Mario Dumont! Et que fesait Gérard Deltell avant d’entrer en politique en 2008? Journaliste à TQS! On est loin d’être en terrain inconnu et traité comme témoin hostile!

Bien sur ces choses se sont produites il n’y a pas si longtemps et la plupart d’entre vous savent tout ça et doivent trouver curieux que je rappelle ces vérités de la palice. Cependant, ce n’est pas en présumant le savoir qu’on inculquera aux ignares. De plus, vous avez sans doute vu Éric Duhaime se servir de l’émission Dumont comme crachoir car il le fait régulièrement, sous les yeux amusés, et intéressés, de l’intervieweur.

Voila pour la forme, maintenant pour le fond…

Gérard Deltell qui prêche la transparence chez les syndicats? Et chez les compagnies privées par contre, non? Mais pourquoi prêcher la transparence chez les syndicats, en vantant que c’est plus démocratique? Je ne suis pas opposé à l’idée, remarquez, on ne peut être contre la vertue ou la démocratie. Mais ce n’est pas une plus grande démocratie que vise l’ADQ…

C’est que la bêtise humaine est la meilleure alliée des droitistes, c’est bien connu. Et combinée au caractère chialeux des Québécois (et je n’y échappe pas!), tout cela n’est prêché que pour créer des tensions entre travailleurs et syndicats, en particulier sur sa caisse et ses cotisations. Écoeurer le peuple et le monter contre un rare organe encore fonctionnel de la démocratie qui le protège; C’est à mourir de honte. Telle serait une première étape pour une offensive majeure pour désyndicaliser le Québec.

Regardez leurs arguments: Si le Québec n’est plus compétitif sur le plan mondial, c’est la faute des syndicats. Et le capitalisme sauvage lui? Et la loi du profit à tout prix? Et les mises à pied massive pour augmenter les profits à court terme des déteneurs d’actions? Et les règles de sécurités non-respectées pour ne pas réduire le rythme de production? Et le manque de vision des actionnaires et des C.A. déconnectés de la réalité de leur entreprise?

Pensez vous que les travailleurs du Québec vont conserver leurs acquis et leurs conditions de travail (pas toujours glorieuses!) sans personne pour opposer le patronat?

Vous savez, ce qui n’aide pas la cause des syndicats présentement (en dehors des *apparences* de collusion dans l’industrie de la construction), c’est qu’ils ne couvrent pas tous les emplois. Ceux qui sont payés au salaire minimum (ou moins avec pouboires), ceux qui sont à staut précaire, etc. C’est généralement eux que les anti-syndicalistes vont aller chercher en premier, par la jalousie, par l’envie. Comme si les acquis des syndiqués les avaient projetés dans cette misère. C’est justement leur situation qu’ils devraient avoir en horreur, et en identifier les vrais coupables. Ce qui arrive quand un travailleur est laissé sans moyen de défense contre les entreprises qui ne les considèrent pas. Ils devraient considérés leur situation comme la projection d’une boule de crystal pour l’avenir du Québec si on devrait mettre à terre la syndicalisation.

Ce n’est pas évident pour quelqu’un qui n’a pas de diplôme ou pour un jeune qui débute. Je suis de la génération X qui s’est fait promettre mer et monde et qui vient tout juste de gagner sa place après tant d’années. Malgré mes diplômes, j’en ai eus des jobs à temps partiel et à statut précaire. Mais je n’ai pas eu de doutes que mon tour viendrait un jour. Et ceux qui pensent à détruire ce bouclier se remémorent la situation des travailleurs pendant la grande noirceur. Moi quand je pense à cette époque que je n’ai pas vécu, je repense au début du film de Maurice Richard, avec le travail dans les aciéries, dans le bruit, dans l’obscurité, sans pauses, avec peu de sécurité et sous la domination des anglophones majoritaires.

C’est assez pour être fier de contribuer à la défense des travailleurs.

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