mardi 17 novembre 2009

Réponse à une lettre de M. Pierre Demers sur Vigile.net

Merci M. Demers pour votre lettre!

J'étais à la manifestation pendant l'après-midi. Nous avons manifester, crier, chanter, tout en demeurant disciplinés. J'ai dû quitter vers 5pm, manquant de peu l'escouade anti-émeute, car je viens d'ailleurs et mon transport quittait.

Quand je suis revenu chez moi, quelle désagréable surprise ce fut de voir les mauvaises images à la télé, de policiers ayant amenés la violence à une manifestation pacifique! Toute l'après-midi, la foule n'avait jamais eu besoin de policier pour contrôler les manifestants, nous nous donnions des règles à suivre entre nous. Jamais personne n'a été menacé. J'ai tout documenté avec photos et vidéos, tout est en ligne.

De plus, les manifestants ont tentés de prouver leur bonne foi aux policiers, en leur donnant les manches de drapeaux et de pancartes, leur indiquant qu'ils ne s'en serviraient pas pour frapper les forces de l'ordre. Les manifestants se sont même assis un moment donné, chantant gens du pays avec des signes de peace, et les policiers ont répliqués à coups de matraque et de pied au cap d'acier dans les parties intimes. Aucune distinction, aucun sens critique. On a frappé un monsieur de 75 ans à deux reprises comme s'il venait d'attaquer un policier, mais son seul crime était d'avoir pris la rue pour s'exprimer.

Il a fallu beaucoup de courage et de solidarité aux manifestants pour protéger tout le monde. On surveillait tous et chacun pour ne pas que quelqu'un se retrouve isolé devant les policiers. Ceux-ci procédaient à des arrestations violentes, clouant un manifestant au sol et le menottant, tout en lui donnant des coups de matraques en même temps pendant la procédure d'arrestation.

C'était un spectacle désolant, entachant toute cette belle après-midi où des concitoyens, des messieurs-et-madames-tout-le-monde, étaient venus participer à cet exercice démocratique et nécessaire.

Merci à l'attention que vous avez porté M. Demers. C'est notre pays qu'on "mal-mène" ainsi à l'abattoir.

Et de voir Denise Bombardier féliciter les policiers, on comprend ce que Falardeau voulait dire par "intellectuel colonisé à l'os".


Solidairement,

Stéphane Magnan

http://gygantar.blogspot.com/

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