dimanche 8 février 2009

Chimie de groupe : la mouche du coche


Je suis de retour de ma 2eme partie de la campagne de Dragonlance. J'ai pu remarquer quelque chose de récurant dans chaque groupe dans cette dernière partie, quoique je ne la vise pas nécessairement. J'ai remarqué que souvent quand les membres du groupe doivent parler à un nouveau pnj (garde de ville, le maire, étrange ermite, méchant sorcier, etc) il y a toujours un membre du groupe qui joue la mouche du coche.

Définition prise de wikipédia : "la mouche du coche (en référence à la fable Le coche et la mouche, de La Fontaine) veut dire que l'on est le petit élément perturbateur qui gêne le déroulement d'une entreprise par des actions inutiles, tout en prétendant aider et en tirer quelque bénéfice par la suite."

Je m'explique: lorsque le groupe fait face à une situation ou l'on doit parler à un pnj, il y a soudainement un court silence accompagné d'un léger malaise. Ce silence ne dure qu'un moment alors que quelqu'un dans le groupe se "risque" à incarner son personnage et à parler au nom de ces partenaires. C'est un mal nécessaire vu la nature du jeu (Jeu de rôle, duh!), et un coup que la glace est brisée, le reste de la conversation coule assez bien.

Je ne sais pas pourquoi, mais je suis souvent celui qui souvent brise la glace. Est-ce parce que je manie bien le verbe? Que j'ai été professeur? Que je suis plus rompu à la rolistique? Néanmoins je brise souvent la glace et parle au nom du groupe. Mais voilà, il y en a toujours qui se taisent et te laisse assumer cette tâche, pour ensuite te critiquer. Je ne voyais pas autant ce phénomène en tant que DM, mais maintenant que je suis joueur dans 2 groupes, ca m'est d'autant plus évident.

Mais il y a pire que la critique, il y la moquerie. Il est de ce genre de joueurs (et de personnes tout court dans la vie) qui se réfugie dans une zone de confort appelée "contrôle de la critique". Si on est le premier à critiquer, on s'affiche comme personne à éviter la désapprobation. Les autres autour se serrent les fesses (et s'éloignent aussi, qu'on se le dise), et évitent de décevoir le critiqueur, lui assurant une certaine zone de contrôle sur ses proches.

Dans un de ces cas que j'ai vécu, le bougre riait sous cape à chacune de mes paroles (alors que son personnage n'était même pas à portée d'oreille de mes dires), et se permettait des critiques aux autre joueurs alors que j'étais occupé dans une discussion cruciale avec le pnj, "in-character". Inutile de vous dire que la nuisance était évidente, et que j'ai du lui rappeler que son perso ne m'entendait pas et que s'il pensait faire mieux il avait juste à prendre la parole, que je ne l'avais pas volée à personne. Ce genre de commentaire est désobligeant de nature, qu'il soit fondé ou non. On n'indispose pas celui qui fait la besogne que personne ne veut faire et surtout pas pendant qu'il la fait. Le joueur en question essayait de se monter un peu devant le groupe en critiquant la justesse de mes propos, menton et nez en l'air, en supposant "that HE knows better". If you do, speak your mind; I'll be glad you did and I won't put you down for it.

J'ai peut-être ma part de responsabilité la-dedans, je suis d'une nature candide et directe, je l'avoue. Je joue souvent des clercs et des paladins, rien de très roublard! Souvent par contre, les personnages droits que j'incarne et ma candeur naturelle servent aussi de refuge pour le groupe, offrant crédibilité et modération. Ma voix "clash" souvent avec les "rouleurs de mécaniques" qui carburent à l'égo, ceux qui cherchent à intimider avec leur puissance, ou les roublards qui tentent d'escroquer, de marchander, de jouer les fines langues avec le DM mais qui se font déjouer dans leurs mensonges. Je joue très rarement dans l'alignement neutre ou chaotique.

Pour ces même raisons, je me met quelque fois dans des situations coquasses, je m'explique. Comme je brise souvent la glace et que je (joueur et personnage) représente bien mes co-équipiers, on me demande souvent de négocier pour le groupe (quand le groupe est plus de nature "mercenaire"), et c'est là que la nature de mon personnage et de mon rôle-play risque de décevoir ou de surprendre. Néanmoins, ces situations sont de belles occasions pour faire du rôle-play et camper nos personnages et positions/valeurs.

Je n'ai pas à me plaindre de ces moments coquasses, mais des critiqueurs et des mouches du coche. Je suis cependant beaucoup plus enclin à pardonner à ces gens si leurs remarques se font "in-character". =D

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