mercredi 7 janvier 2009

Se dépêcher à faire moins

Comme premier billet à saveur socio-politique, j'aimerais commenter cet article de Radio-Canada...

http://www.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/2009/01/06/002-sante-primes-performance_n.shtml

La première impression que j'ai eu en lisant cet article, est qu'on essais de presser le citron du personnel infirmier d'une autre façon. En donnant des primes de rapidité (nul doute que cela apportera un certain effet positif sur la rapidité), on traite les institutions de santé comme des business a rendements. De plus, on érige un mur entre les administrateurs qui seront pressés à aboutir à des résultats pour augmenter leurs revenus (surement contre-balancés par une diminution des budgets gouvernementaux, donc deviendront dépendant de ces primes) et le personnel déjà à bout de souffle.

C'est un peu...diviser pour régner! Difficile de faire un front commun devant la mauvaise gestion gouvernementale en santé quand les camps qui souffrent sont divisés.

De plus, si l'accent est mis sur la rapidité du traitement, n'y-a-t-il pas danger de déshumanisation du système, alors que les patients se transforment en steaks sanguinolent que l'on doit cuire au plus vite? Plus de hamburgers de cuits, plus de sous dans le tiroir caisse... Et là on fera un palmarès de la vitesse des hôpitaux dans l'Actualité (dites moi que ce n'est pas déjà fait!), où on pourra très bien les comparer aux institutions privés, un pont de plus franchis pour effacer cette "embêtante" distinction entre ces deux mondes...

De plus, à vouloir se dépêcher à sortir un patient au plus...vite, n'y-a-t-il pas danger de diagnostic trop "hâtif", comment dire, des erreurs qui se produisent dans le soucis de cette "expéditivité payable"?

J'ai vraiment l'impression que le système de santé public québécois fonctionnait très bien (rien de parfait dans ce bas monde), jusqu'à ce que on le sabote volontairement pour que les gens s'en plaignent, et en désespoir de cause se rabattent sur le privé (seule solution offerte par nos gouvernements, sachez-le!). Le privé est un peu le serpent dans la boîte, à défaut d'une autre comparaison. Les gens en ne payant pas leurs soins à une caisse, ignorent le coût réel de leurs consultations. Ils ignorent que le privé chargera beaucoup plus que le public, tout en laissant les patients dans leur ignorance. Cependant, au détour, c'est toute la société qui paie les frais, au profit de ces institutions vampiriques. Beaucoup est fait pour empêcher le système de santé de se réguler : nombres d'étudiant admis en médecine réduis (ou si vous préférez, la réduction est maintenue), manque de valorisation de la tâche, manque de soutien au personnel épuisé, surcharge de travail du personnel employé (en feriez vous souvent des "shifts" de 16 heures vous??), réduction des budgets ou inutilisation de matériel neuf, la non-reconnaissance des diplômes étrangers en médecine, et on en passe.

Regardez comment l'article se termine...attachez vos ceintures! (Quoique dans le reportage, le ministre Bolduc n'est pas trop chaud à l'idée)

La même chose s'est passé avec le dégel récent des prix des médicaments...le plafond de paiement du client n'a pas été augmenté de beaucoup, mais c'est le gouvernement qui défraie la hausse des coûts pharmaceutique (un des grands trous noirs du budget de la santé). Ces prix avaient été gelés il y a plusieurs années, et les compagnies pharmaceutiques ne sont pas déménagés pour autant! Elles ont continuées à faire d'excellent profits malgré cette réglementation bénéfique pour les malades et les payeurs de taxes. M. Couillard a cru bon de céder aux lobyistes des compagnies pharmaceutiques et de refiler la note aux contribuables.

Il y a sabotage du système de santé, c'est ce que j'en conclus.

À quand le même régime dans nos écoles? Pourquoi ne pas payer les élèves au rendement au lieu de donner un bulletin? Ça ne serait pas ça le but de l'école dans le fond? I.E: Produire des unités de production obnubilés par le rendement et l'efficacité? Les arts et la culture de rapportent pas de profits aux gros magnats de ce monde, alors autant retirez cela des écoles! Trève de cynisme, l'éducation c'est un autre chapitre, et je pourrais vous en raconter des vertes et des pas mures une autre fois! ;)

Personnellement, je déteste ces virages à droite qui n'en finissent plus! C'est un peu le but de mon blog (je discuterai aussi de sujets plus léger, soyez rassurés!).

J'aimerais profiter de votre feedback sur la question, n'hésiter pas à m'écrire!

N.B: Je voudrais lever mon chapeau aux champions de notre système de santé, les médecins et le personnel infirmier, qui porte courageusement ce système à bout de bras malgré la défection de la responsabilité et du gros bon sens de nos dirigeants.

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